Après
l’appel de la Confédération Européenne des Syndicat en faveur de la
nouvelle Constitution européenne,
la C.G.T. doit quitter la C.E.S.
La Confédération Européenne des Syndicats (C.E.S.)
regroupe la quasi-totalité des organisations syndicales d’Europe (dont
aujourd’hui les centrales françaises C.G.T.-C.F.D.T.-F.O. et CFTC).
En novembre 1994, au congrès de la F.S.M. (Fédération
Syndicale Mondiale), Alphonse VERONESE, secrétaire confédéral et chef de la
délégation tente de justifier la piteuse désaffiliation de la C.G.T. en ces
termes :
« Avec la réintroduction de la référence au
syndicalisme de classe dans les statuts de la F.S.M. (cette référence
avait été supprimée au congrès de Moscou sous la pression de la
pérestroïka gorbatchèvienne), un recul important a été opéré au
moment, où, plus que jamais nous avons besoin d’un dialogue ouvert, sans à
priori, pour défricher des voies nouvelles créatrices d’un syndicalisme
international. » cf. Vie Ouvrière n°2624/63
En fait, il s’agissait pour notre organisation syndicale de
remplir la condition sine quanum pour que soit examinée sa demande d’adhésion
à la C.E.S.
Adhésion acceptée à grands renforts médiatiques et sans
véritable consultation de nos syndicats de base à l’occasion du 46ème
Congrès en 1999.
Il faut dire que c’est Louis VIANNET, lui-même, qui dans
un courrier adressé le 15 mars 1995 avait donné tous apaisements à la
centrale européenne sur les intentions de la C.G.T. à son égard :
« …nous renouvelons solennellement notre demande d’adhésion à la
C.E.S….cela signifie bien entendu pour nous, l’acceptation des formes de
fonctionnement de la C.E.S. conformément à ses statuts et le respect des
décisions prises, tant en termes d’objectifs que de mise en œuvre… »
N’avons-nous pas là les fondements requis pour intégrer
le syndicalisme d’accompagnement au capital ?
La C.E.S. au service du capital :
La C.E.S. est un des rouages du capitalisme international,
une organisation de collaboration de classe dont le rôle spécifique est d’appuyer
la politique d’intégration dans l’Europe capitaliste.
C’est ainsi que la C.E.S. s’est faite championne du credo
de « l’Europe sociale » tout en se ralliant aux politiques d’austérité
mises en place par le patronat européen.
Elle épouse la fameuse devise de Jacques DELORS « Il
faut que le syndicalisme accepte les principes de la flexibilité » et
œuvre de concert avec lui pour créer le « partenariat social ». C’est
très exactement ce que la C.G.T. reprend à son compte dans les orientations
votées aux 45ème et 46ème congrès avec le
« syndicalisme de négociation. »
Pendant des années, la C.E.S. « accompagne » les
sommets des chefs d’états européens par des manifestations régulées aux
slogans trompeurs pour les travailleurs. Car en face des grands conflits dont le
plus célèbre est « Renault-Vilvorde », on peut chercher les
succès de la C.E.S. contre le patronat. On peut même dire : « Avec
la C.E.S., à tous les coups on perd ! »
Alors que l’Euro est institué pour faire payer la crise
aux seuls travailleurs par le renforcement de l’austérité, la C.E.S.
proclame que « la monnaie unique est positive pour l’Europe. »
Il n’est pas possible de reprendre dans un seul tract
toutes les contraintes qu’est chargée de faire passer la C.E.S. dans le
syndicalisme européen pour jouer le rôle honteux de la collaboration de classe
avec le capital.
Il faut pourtant indiquer pour conclure que la Comité de
Direction de la C.E.S. réuni le 15 juillet 2004 à Bruxelles a décidé de
soutenir la nouvelle Constitution européenne destructrice des acquis sociaux
des travailleurs. C’est ainsi qu’à la question « La nouvelle
Constitution européenne est elle meilleure que ce que nous avons
actuellement ? », la réponse de John MONKS, secrétaire général de
la C.E.S. est « OUI ». Et de préciser sans honte « Elle
apportera des avantages très réels aux travailleurs et aux citoyens de l’Union
Européenne toute entière. » On croit rêver !
John MONKS va plus loin. Il menace les électeurs tentés de
vouloir une version améliorée du texte :
« Si la présente Constitution n’était pas
approuvée, il faudrait alors sans doute beaucoup de temps avant que l’on
puisse réunir toutes les volontés politiques par un nouveau tour de piste. Ce
serait une victoire pour les nationalistes et pour les ennemis de l’Europe qui
veulent voir l’Europe s’écrouler de tout son long. En refusant d’adopter
la Constitution, on détruirait le seul grand instrument dont on dispose pour
progresser vers une Europe plus sociale. »
Alors, soyons clairs ! La C.G.T. est non seulement
adhérente (depuis 1999) mais dirigeante de la C.E.S. avec l’élection en juin
2003 de Joël DECAILLON au secrétariat de cette organisation. Comme la C.E.S.
approuve la nouvelle Constitution Européenne et que la C.G.T. est une
composante de sa direction, il serait logique que la C.G.T. milite en faveur de
la Constitution.
Le Bureau Confédéral de la C.G.T. va-t-il oser nous appeler
à voter POUR la nouvelle Constitution européenne capitaliste et libérale lors
du prochain référendum ?
Il n’y a pas de bonne Europe capitaliste :
La démarche qui prétend « démocratiser »,
œuvrer en faveur « d’autres choix » en se coulant dans le moule
existant, livre les travailleurs à l’exploitation capitaliste.
« Pour l’Europe mais contre Maastricht »,
« l’Europe autrement », « l’Europe sociale »,
« Citoyen, décideur, acteur en Europe », toutes ces formules ont
pour point commun de discuter des modalités d’application tout en acceptant
le principe de l’intégration à l’Europe du capital.
Les forces politiques et syndicales qui se situent sur ce
terrain couvrent en réalité les plans de la bourgeoisie, elles accréditent le
mythe d’une Europe qui se situerait en dehors des intérêts de classe.
Cette situation souligne l’urgence d’un combat soutenu
contre les idéologies et les pratiques de collaboration de classe qui
gangrènent toutes les organisations ouvrières à commencer par notre propre
syndicat.
L’essentiel dans la situation présente est de renforcer la
résistance en rejoignant les rangs de notre Association «Les Amis
de Continuer la C.G.T. », de refuser les plans d’intégration et d’en
entraver leur application chaque fois que cela est possible.
C’est ce à quoi doivent s’employer les militants
syndicaux C.G.T. restés fidèles à la lutte de classe et au combat anti-
impérialiste.
NON A LA CONSTITUTION EUROPEENNE !
NON A L’EUROPE !
DESAFILIATION C.G.T. DE LA C.E.S. !
Bayonne le 28 août 2004