CHIRAC REJOUIT B. THIBAULT
Bernard Thibault (France 2 – 6 janvier 2005) s’est
réjoui de la déclaration de Jacques Chirac sur la nécessité de relancer une
politique industrielle en France.
S’appuyant sur un rapport commandité (rapport Beffa) le
Président de la République a annoncé une série de mesures économiques pour
favoriser l’investissement industriel. De quoi s’agit-il ?
Il s’agit de créer une « Agence de l’innovation
industrielle » pour soutenir les projets d’investissement dans les
secteurs d’avenir.
Financée par le produit des privatisations en grande partie
(entre 1 et 2 milliards d’euros), l’Agence appuierait les programmes prévus
dans l’aéronautique, l’espace, l’énergie et autres secteurs
technologiques.
Autrement dit, dans la droite ligne de sa politique
ultra-libérale, le Chef de l’Etat veut développer des projets industriels
privés, financés par les fonds publics (la vente du patrimoine national et des
biens collectifs), sans garantie de résultats économiques et sociaux et sans
contrôle des salariés et de la population, les seuls contrôles, on peut le
deviner, étant réservés aux actionnaires institutionnels privés, touchant
les dividendes des profits.
Une telle annonce aurait dû être dénoncée sans détours
de la part du dirigeant de la CGT. Au contraire, Bernard Thibault s’en
réjouit, en regrettant seulement que le rapport Beffa n’ait pas estimé
nécessaire « que les représentants des salariés ne soient pas associés
au sein de l’Agence ».
Comment le dirigeant de la CGT peut-il par ailleurs
stigmatiser (au demeurant de plus en plus timidement) les privatisations, et
là, se réjouir de projets industriels privés, financés par la casse des
entreprises publiques, patrimoine national ?
Syndicalisme d’intégration au système capitaliste, la CGT
de Bernard Thibault, se contente, comme pour l’épargne salariale et les fonds
de pension, de participer à la labélisation des réformes gouvernementales, en
en acceptant le fait accompli des privatisations et du financement des
programmes industriels privés par les fonds publics.
Bernard Thibault aurait pu aussi s’en prendre, à cette
occasion, à la réforme de la taxe professionnelle qui constitue l’une des
sources financières essentielles de certaines collectivités locales. Sa
suppression, soumise au Parlement prochainement pour être appliquée en 2006 va
exonérer encore plus le grand capital sur le dos des contribuables locaux, dans
le cadre du transfert de charges résultant de la décentralisation.
CL – CGT dénonce la position ultra-réformiste de la
Direction Confédérale CGT, rejette et condamne les réformes annoncées par le
Président de la République.
Paris le 8 janvier 2005