A la veille des élections européennes,
dont sans doute la grande majorité des citoyens est incapable de saisir la
signification, l'enthousiasme des partis politiques fait plutôt profil bas.
Pour le gouvernement Chirac Raffarin on
veut esquiver les problèmes qui fâchent. Car l'opinion montre que près de 65%
des électeurs souhaitent à cette occasion manifester leur mécontentement à
l'encontre du Gouvernement. Quant aux partis de gauche, le Parti Socialiste veut
nous faire le coup de "l'Europe sociale" en s'appuyant notamment sur
le projet syndical CGT de son 47° Congrès: pour un "Statut de salarié
avec une sécurité sociale professionnelle".(cf. déclarations
télévisées de J. Delors, puis de F.Hollande). C'est dire jusqu'où la CGT est
aujourd'hui intégrée au réformisme de la social-démocratie!
En réalité - et c'est bien là le
malheur pour les travailleurs dépourvus d'un véritable Parti
révolutionnaire de combat de classe-on assiste à une union sacrée des partis
de droite et de gauche dans l'affirmation d'un projet européen contre ce qu'ils
appellent "l'hégémonie américaine".
Tout cela n'est que foutaises et
billevesées : tous ont participé d'un commun accord à la création de cette
Europe libérale (au départ surtout anticommuniste), tous ont adopté les
Traités de Maastricht Amsterdam, le Pacte de Stabilité, la politique
monétaire, l'euro, la faillite des exploitants familiaux agricoles, et
avalisent les unes après les autres les directives européennes destructrices
des acquis sociaux des travailleurs : statuts et conventions, privatisations,
déréglementation des droits du travail, des retraites, de la protection
sociale, sans compter les menaces qui pèsent sur les libertés démocratiques,
droit de grève, droits syndicaux. La meilleure illustration ne nous vient-elle
pas de l'accord Chirac Jospin au sommet de Barcelone, quand ce dernier était
Premier Ministre, concernant la réforme des retraites, réforme concrétisée
l'an dernier ?
L’Euro qui joue à plein en faveur du
monde marchand et de la finance, génère au contraire perte de pouvoir d'achat
et paupérisation accrue des populations les plus démunies. L'inflation, due en
grande partie à l'Euro, accentuée par la stagnation des salaires et des
retraites, agissent négativement sur le pouvoir d'achat des familles.
Les privatisations que la Commission de
Bruxelles suit intensément pour la transformation libérale des services
publics, aggravent le chômage, les garanties d'emploi, tout en mettant en cause
la sécurité et la qualité des services.
L'Education, la Santé, les Services
de la Poste, de la Téléphonie, le Gaz, l'Electricité, les Transports, etc.
Tous ces secteurs publics qui échappent en totalité ou en partie à
l'exploitation capitaliste, aux appétits des actionnaires, leur devient
insupportable. C'est pour cela que les grands commis du Capital (les
commissaires européens) travaillent d'arrache-pied afin de poursuivre toujours
plus loin et plus vite dans la libéralisation des services au sein du marché
intérieur de l'Union.
En effet, une directive européenne en
voie de gestation pousse résolument à la privatisation des services publics,
à développer et renforcer le dumping social fiscal et environnemental dans
toute l'Union Européenne. Selon les commissaires européens (dont fait partie
M. Pascal Lamy, socialiste français, ex-numéro deux du Crédit Lyonnais), il
s'agit de "libérer les entreprises de services". Cette directive met
en oeuvre deux mesures néo-libérales assassines:d'une part celle du pays
d'origine qui permet à une entreprise d'opérer dans un pays étranger sans
adopter les conditions légales ou réglementaires de travail du pays d'accueil
et d'autre part, sous couvert de simplifications administratives, la suppression
des obligations liées à l'établissement des prestations de services. Par
exemple, une entreprise polonaise pourrait s'installer en France avec des
travailleurs polonais en appliquant les conditions salariales et sociales de
Pologne et non les conditions de travail de la France. C'est une véritable
incitation au dumping fiscal et social, pour le plus grand profit du Capital.
Enfin, cette directive dépasse une précédente directive visant à instaurer
un Service d'Intérêt Général (SIG) déjà inquiétante pour les services
publics.
La construction d'une Europe libérale ne
peut se concevoir, dans le logique capitaliste, sans mesures et dispositifs
anti-démocratiques, c'est-à-dire, répressifs, voire militaires.
L'UE a déjà donné lieu à de multiples
confrontations entre manifestants alter et anti-mondialistes et forces de police
aux ordres du Capital. Les forces de police sont utilisées à des opérations
dites "anti-terroristes" (cf. Vigipirate), tout en sachant que les
participants